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Astroberry et Stellarmate

Une carte de 85 × 56 mm sanglée sous la queue d'aronde, quatre câbles USB, et toute la chaîne d'acquisition tient sur la monture. Deux distributions se disputent cette place : l'une est libre et gratuite, l'autre se vend et s'entretient. Ce tutoriel les sépare sur ce qui compte vraiment le soir venu — le rythme des dépôts, le support quand une mise à jour casse un pilote, l'application qui pilote depuis un téléphone. Il détaille ensuite le flashage, ce qu'affiche le premier démarrage, la question de l'horloge quand aucun réseau ne vient la remettre à l'heure, et le support de stockage qui décide de la longévité de l'installation.

59 $
le prix d'une licence Stellarmate OS 2.0 pour Raspberry Pi relevé sur la boutique de l'éditeur, contre zéro pour Astroberry
15 °
l'écart de pointage qu'une horloge fausse d'une heure introduit en ascension droite : la Terre tourne de 15° par heure
352.53
le prix français du Raspberry Pi 5 de 16 Go après la hausse d'avril 2026, contre 212 € avant
43800 h
l'endurance d'écriture annoncée d'une carte mémoire de vidéosurveillance de 128 Go, garantie 5 ans
2026
l'année où Astroberry a changé de dépôt, de base système et d'architecture d'un seul coup

Le partage des eaux

Le gratuit et le payant ne vendent pas la même chose

Les deux distributions reposent sur la même pile logicielle, si bien que l'arbitrage porte sur l'assemblage, le rythme des mises à jour et le service qui accompagne la licence.

Deux images qui contiennent le même logiciel libre

Ouvrez les deux images et vous trouverez la même pile : le cadriciel de pilotage d'instruments, le planétarium et son module de séance, l'autoguideur, le résolveur astrométrique, un logiciel de capture planétaire. Astroberry publie sous GPL-3.0 et empaquette en plus CCDciel, un traqueur de satellites et le résolveur ASTAP. Stellarmate embarque la même fondation, écrite par les mêmes développeurs — l'éditeur, Ikarus Technologies, est celui qui maintient le cadriciel lui-même. Ce que vous payez porte donc ailleurs : sur l'assemblage, sa maintenance et le service qui l'entoure. Comprendre cela évite le faux débat sur la qualité du code, qui est le même des deux côtés, et ramène le choix à une question d'exploitation.

Ce que la licence achète réellement

Trois choses, mesurables. D'abord un calendrier : les dépôts de Stellarmate sont alimentés par l'équipe qui écrit les pilotes, et une nouveauté de matériel y arrive en jours plutôt qu'en mois. Ensuite un interlocuteur : une adresse à qui écrire quand la roue à filtres cesse de répondre après une montée de version, là où le modèle communautaire vous renvoie vers un fil de forum. Enfin une application mobile, publiée pour Android et iOS, qui affiche la séquence, l'histogramme et l'aperçu depuis un téléphone posé sur le capot de la voiture — et un empilement en direct intégré, pratique pour le visuel assisté, dont le principe est détaillé dans le guide consacré à l'EAA. Astroberry rend l'écran complet du bureau accessible sur le réseau local et laisse l'utilisateur composer le reste.
Astroberry et Stellarmate — ce qui les sépare vraiment, relevé en juillet 2026
Critère Astroberry Stellarmate
Modèle Libre, GPL-3.0, téléchargement ouvert Image sous licence payante, 59 $ pour la version Raspberry Pi
Base système Raspberry Pi OS, Debian 13 « Trixie » depuis la v3.0 Ubuntu — la lignée MATE historiquement, une base 24.04 LTS pour la 2.0
Architecture 64 bits (arm64) depuis février 2026 ; 32 bits auparavant 64 bits, Raspberry Pi 4 et 5 avec 4 Go de mémoire au minimum
Dépôts Dépôt APT du projet, empaquetage automatisé Dépôts tenus par l'équipe qui écrit les pilotes
Mise à jour Réinstallation complète pour changer de version majeure Mises à jour différentielles, retour arrière possible, contrôle d'intégrité au démarrage
Support Forum communautaire et suivi d'anomalies public Assistance commerciale de l'éditeur
Téléphone Bureau distant dans un navigateur Application dédiée Android et iOS, empilement en direct

L'état daté

Ce qui a bougé en 2026, et pourquoi ça change l'arbitrage

Astroberry a changé de nom, de socle et de dépôt

Le projet historique portait le nom d'Astroberry Server et vivait dans le dépôt de son auteur, Radek Kaczorek. Ce dépôt a été archivé le 11 février 2026, la veille du jour où le projet a reparu sous le nom d'Astroberry OS : version 3.0 publiée le 10 février 2026, bâtie sur la version officielle de Raspberry Pi OS en Debian 13, passée en 64 bits, compatible avec le Raspberry Pi 5, et dotée d'une interface d'administration en navigateur qui remplace l'ancienne. La conséquence pratique se lit en une ligne : aucune montée de version en place. On grave une nouvelle carte, on reconstruit son profil d'équipement, on recopie ses réglages. Un troisième chemin existe pour qui tenait à la lignée d'origine : une déclinaison 64 bits maintenue par la communauté, arrêtée à la version 2.0.4. Vérifiez toujours quelle image vous téléchargez : les trois circulent encore sur les forums.
Carte Raspberry Pi 5 vue de dessus : processeur central, quatre ports USB, double sortie vidéo, connecteur d'extension à 40 broches et lecteur de carte mémoire sur la tranche
Raspberry Pi 5 — SimonWaldherr (CC BY 4.0, Wikimedia Commons). La même photographie sert d'image de titre à la page

Avantages

  • Astroberry : rien à payer, code intégralement ouvert, et le même cadriciel de pilotage que la solution commerciale
  • Astroberry : base Raspberry Pi OS, donc toute la documentation et tous les accessoires de l'écosystème s'appliquent sans traduction
  • Stellarmate : les pilotes arrivent par le dépôt de ceux qui les écrivent, un boîtier neuf est reconnu sans attendre une refonte d'image
  • Stellarmate : mise à jour différentielle avec retour arrière, et une assistance à qui adresser un journal d'erreur

Inconvénients

  • Astroberry : le rythme de publication suit la disponibilité de bénévoles — six ans séparent la lignée d'origine de la refonte de février 2026
  • Astroberry : changer de version majeure impose de graver une carte neuve et de refaire ses profils
  • Stellarmate : la licence se paie de nouveau au changement de génération, la 2.0 n'étant pas offerte aux détenteurs de la 1.x
  • Stellarmate : le Raspberry Pi 3 sort du domaine supporté, et 4 Go de mémoire deviennent le plancher

La mise en route

Graver la carte, brancher, voir apparaître le premier écran

  1. Récupérez l'image et vérifiez son empreinte

    Une image se distribue en archive compressée. L'outil officiel de gravure de la fondation accepte le fichier tel quel, sans décompression préalable ; balenaEtcher fait le même travail. Comparez l'empreinte publiée à celle du fichier téléchargé avant de graver : une archive tronquée produit une carte qui démarre à moitié et se met à mentir sur des symptômes matériels.

  2. Gravez sur un support d'au moins 32 Go

    L'éditeur commercial recommande 32 Go en classe 10 au minimum ; visez 64 Go, la place se remplit vite avec les catalogues d'étoiles du résolveur. Le catalogue destiné aux longues focales pèse à lui seul plus d'un gigaoctet — son dimensionnement selon le champ réel relève du tutoriel dédié au plate-solving.

  3. Alimentez la carte pour de bon

    Un Raspberry Pi 4 réclame une source capable de tenir 3 A sous 5 V, et un Pi 5 davantage dès que deux périphériques tirent sur les ports. Un chargeur de téléphone trouvé dans un tiroir provoque exactement le symptôme qui vous fera perdre une nuit : des déconnexions USB aléatoires attribuées à tort au câble ou au pilote.

  4. Prenez la main sur le réseau local

    Au premier démarrage, la carte publie un point d'accès ou rejoint le réseau déclaré, puis se laisse joindre par son nom court. Astroberry ouvre son bureau sur le port 5900 et dans un navigateur ; l'éditeur commercial passe par son application. Les protocoles de bureau distant et le plan de repli quand le lien tombe sont traités dans le tutoriel consacré au poste distant.

  5. Fixez le fuseau, la position et la date AVANT de créer le profil

    C'est l'étape que tout le monde saute. Renseignez la longitude, la latitude et l'altitude du site, puis vérifiez l'heure système. Le profil d'équipement se construit ensuite dans le module de séance, dont le maniement fait l'objet de son propre tutoriel.

L'horloge

Une carte sans réseau démarre à une heure fausse

Quinze degrés par heure, quinze minutes d'arc par minute

Voici le calcul qui rend le problème tangible. Le ciel défile de 360° en vingt-quatre heures, soit 15° par heure, 15′ par minute et 15″ par seconde de temps. Toute la conversion entre les coordonnées célestes d'un objet et la position que la monture doit prendre passe par le temps sidéral local, calculé à partir de l'heure système et de la longitude. Une carte qui démarre avec une heure de retard demande donc à l'instrument de viser 15° à côté : sur un capteur qui couvre 1°30′ de champ, la cible est hors cadre d'un facteur dix. Une dérive de trois minutes suffit déjà à déporter le centre de 45′, soit une pleine Lune et demie — de quoi manquer M31 alors que le pointage semblait correct sur la carte du planétarium.

Ce que le résolveur d'astrométrie sauve, et ce qu'il ne sauve pas

La résolution d'un champ travaille sur la géométrie des étoiles seule : elle rend les coordonnées célestes exactes de l'image, quelle que soit l'heure affichée par la machine. C'est la suite qui déraille. La synchronisation renvoie ces coordonnées à la monture, qui les retraduit en angles horaires avec sa propre référence de temps ; le recentrage part alors dans la mauvaise direction et l'écart s'aggrave à chaque itération. Même mécanisme sur la bascule au méridien, dont l'instant se calcule à partir de l'heure, et sur le rangement en fin de nuit. Ajoutez l'effet collatéral d'une date fausse de plusieurs mois : les certificats des dépôts logiciels sont refusés et la moindre installation de paquet échoue avec un message qui parle de signature, jamais d'horloge.
Raspberry Pi 5 équipé de son ventilateur actif : le radiateur à ailettes couvre le processeur, laissant visibles le connecteur d'extension et la tranche de la carte
Raspberry Pi 5 avec ventilateur actif — SimonWaldherr (CC BY 4.0, Wikimedia Commons)

L'endurance

Ce qui lâche en premier après une saison de sorties

Le support de 15 × 11 mm est la pièce d'usure

Toute l'installation repose sur un rectangle de 15 × 11 mm qui pèse un demi-gramme. Ce format a été conçu pour recevoir des photos par salves, pas pour encaisser le régime d'écriture d'un système d'exploitation : journaux du noyau, index du gestionnaire de paquets, fichiers temporaires, mémoire virtuelle, et la rafale de brutes qu'une séquence produit. La gravure grand public répartit l'usure sur peu de blocs de réserve et rend l'âme sans prévenir, en général au démarrage suivant. Les défaillances se concentrent d'ailleurs sur deux événements que l'astronome connaît bien : la coupure d'alimentation en pleine écriture, quand la batterie rend l'âme à 3 h du matin, et la chute de tension d'une source mal régulée. Sur le poste embarqué, la fiabilité du stockage est un problème d'énergie autant qu'un problème de mémoire.

Trois paliers, et le seul qui règle la question

Le premier palier consiste à choisir une carte de la famille dite d'endurance, celle des enregistreurs de vidéosurveillance. Une référence de 128 Go annonce 43 800 h d'écriture continue avec une garantie de 5 ans, et les modèles de grande capacité montent à 120 000 voire 140 000 h — la même carte en 32 Go retombe à 17 520 h, l'endurance suivant la capacité de façon quasi linéaire. Le deuxième palier est la carte de qualité industrielle, plus chère et plus rare. Le troisième règle définitivement la question : démarrer sur un disque à mémoire flash raccordé en USB, possible sur Raspberry Pi 4 et 5, ou branché sur le bus rapide dans le cas du Pi 5. Le contrôleur d'un disque système gère l'usure autrement, tolère mieux la coupure et prévient de sa fin de vie au lieu de disparaître. Coupez au passage la casse inutile : journaux en mémoire vive, horodatage d'accès désactivé, dossier de capture déporté sur le disque.
Carte mémoire microSDXC posée à plat, contacts dorés visibles, à côté de son adaptateur pleine taille — le support de 15 × 11 mm sur lequel repose toute l'installation embarquée
Carte microSDXC Samsung EVO Plus — KKPCW (CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)
Trois supports pour un poste embarqué — endurance, comportement en panne et usage visé
Support Endurance annoncée Comportement en fin de vie Usage visé
Carte mémoire grand public Non spécifiée par le fabricant Disparition brutale au démarrage suivant Essai d'une image, poste de secours gravé d'avance
Carte d'endurance, 128 Go 43 800 h d'écriture, garantie 5 ans Dégradation progressive des vitesses d'écriture Sorties nomades, système sur carte et brutes sur disque externe
Disque flash sur port USB ou bus rapide Téraoctets écrits, suivi par les compteurs internes Bascule en lecture seule, données récupérables Poste permanent d'abri, nuits enchaînées, acquisition longue

Au bout des câbles

Ce que la carte pilote, et ce qui la tient éveillée

Une carte de pilotage réclame du courant du crépuscule à l'aube, et elle prend la main sur les organes qui exécutaient jusque-là les gestes manuels de la séance.

Une nuit entière sous tension, et des axes qui obéissent

La carte ne coûte rien à nourrir — quelques watts — mais elle impose une contrainte que le matériel d'observation ignorait jusque-là : elle doit rester alimentée sans interruption du crépuscule à l'aube, sous peine de corrompre son support au moment précis où le courant faiblit. Une source de 69,99 € comme la TalentCell LiFePO4 12 V tient un poste léger et une monture de voyage ; dès qu'une caméra refroidie et des rubans chauffants entrent dans le compte, la Celestron PowerTank Lithium Pro (238,16 €) vise la nuit complète. Entre la source et les six périphériques, le boîtier de distribution Svbony SV241 Pro (169,99 €) remplace l'écheveau par une seule descente — le dimensionnement en wattheures est traité dans le guide de l'alimentation nomade, l'acheminement dans celui de la gestion du câblage. Côté instrument, la carte prend la main sur deux organes : la mise au point, par un moteur de mise au point Celestron (295,03 €) qui exécute une courbe d'autofocus sans toucher au tube, et le suivi, par une lunette-guide Sky-Watcher Evoguide 50DX de 50 mm (342,19 €) dont les corrections transitent par le même bus USB. Prix relevés fin juillet 2026. Sur une lunette de 80 mm ouverte à f/6, soit 480 mm de focale, cet attelage complet tire de l'ordre d'une soixantaine de watts : sept heures de séance sur NGC 7000 demandent une réserve dimensionnée en conséquence.
L'avis de Luc

L'avis de Luc

Douze degrés d'erreur de pointage, systématiquement du même côté : ce n'est pas une mise en station, c'est une horloge. Une carte Raspberry privée de réseau redémarre sur l'heure de sa dernière extinction, et trois semaines de retard suffisent à produire cet écart — de quoi refaire deux fois la station dans le froid pour rien, avec une lunette de 80 mm qui vise obstinément à côté. Deux réflexes ferment la question. Afficher l'heure et la position du site avant de créer le profil, dix secondes montre en main, même quand le téléphone est censé s'en être chargé. Et vingt euros de matériel : une pile bouton sur le connecteur d'horloge du Pi 5, plus une carte mémoire de rechange déjà gravée dans la sacoche — l'originale rend l'âme vers deux saisons, en général le soir où le ciel est enfin stable.

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Le reste de la chaîne embarquée

Schmidt-Cassegrain carbone sur monture équatoriale de nuit, caméra, boîtier de contrôle et câbles fixés au tube Le boîtier tout-en-un, l'autre voie Un constructeur a industrialisé le même principe : carte embarquée, application, écosystème fermé. Ce que l'on gagne en simplicité et ce que l'on cède en liberté de pilote. Deux lunettes accouplées sur une même monture équatoriale de nuit, la petite lunette-guide reliée par câble à un ordinateur portable posé à côté L'autoguidage, du principe au matériel La lunette-guide, la caméra qui la regarde et la boucle de correction que la carte fait tourner toute la nuit : ce qu'il faut monter avant d'espérer des poses longues. Télescope Schmidt-Cassegrain en carbone équipé d'une caméra et d'un diviseur optique, sur sa monture équatoriale, au crépuscule Lire la valeur efficace de guidage Le chiffre que le logiciel affiche en permanence, ce qu'il vaut en secondes d'arc rapportées à votre échantillonnage, et à partir de quand une correction devient contre-productive. Trois vues d'une même étoile derrière un masque de Bahtinov : les aigrettes dessinent une croix dont la barre centrale se décale puis se recentre La mise au point motorisée Courbe en V, rayon à mi-flux, déclenchement sur écart de température : le geste que la carte reprend à votre place quand le foyer glisse au fil de la nuit.

Une carte à 85 × 56 mm pilote un train complet

L'image gravée décide du confort, l'alimentation décide de la longévité, et le matériel au bout des câbles décide de ce que la nuit rapporte. Notre sélection d'astrophotographie, du poste léger au train complet piloté.

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