Apprendre
L'autoguidage avec PHD2
Votre tête équatoriale est en station, l'instrument est équilibré, la caméra refroidit — et vos poses de cinq minutes rendent encore des étoiles ovales. PHD2 est le programme qui referme la boucle : il photographie un astre témoin, mesure de combien il s'est déplacé depuis le repère qu'il a verrouillé, et renvoie à la mécanique une impulsion de la durée exacte qui le ramène. Ce tutoriel monte la première séance complète : les trois données que l'assistant de profil réclame, l'échelle qui en découle et qui gouverne ensuite tous les seuils, la netteté de la petite caméra, l'ordre des gestes du soir, et la liste courte des défauts d'atelier que le programme révélera sans jamais les réparer.
- 3.2 ″/px
- l'échelle d'une caméra à pixels de 3,75 µm derrière une lunette-guide de 242 mm
- 10 ′
- l'écart maximal au pôle que le manuel de dépannage réclame avant d'espérer un asservissement sain
- 12
- le nombre d'étoiles que la sélection automatique retient au plus dans le cadre observé
- 68 ′
- la largeur de champ d'un capteur de 4,8 mm derrière cette même lunette de 242 mm
- 2009
- l'année où le code source a été ouvert, point de départ du projet communautaire
Le mécanisme
Ce que la boucle referme, tour après tour
Six opérations s'enchaînent le temps d'une pose de suivi, et rien ne persiste de l'une à l'autre sauf le repère que le programme a décidé de tenir.
Une étoile, un point verrouillé, une impulsion
Un outil écrit par une communauté, pas par un éditeur
La saisie initiale
Les trois données du profil d'équipement
L'assistant qui s'ouvre au premier démarrage ne demande presque rien, mais chacune de ses réponses commande ensuite la totalité des seuils affichés à l'écran.
Trois réponses saisies une fois pour toutes
L'échelle de guidage, calculée une fois et vraie toute la nuit
Nommer, sauvegarder, retrouver l'hiver suivant
Avant le premier clic
Monter l'optique de guidage, puis la mettre au point
Une mise au point faite au calcul, jamais à l'œil
Trouver l'étoile, et la laisser choisir par le logiciel

Le déroulé du soir
La première session, geste après geste
L'ordre compte : chaque étape suppose la précédente acquise, et reprendre au milieu après une modification mécanique est le meilleur moyen de guider sur des repères périmés.
-
Connectez l'attelage, profil chargé
Caméra, tête équatoriale, et le cas échéant la roue à filtres : tout est déclaré dans le profil. Un équipement connecté au dernier moment est un équipement qui n'apparaîtra pas dans le journal de la nuit.
-
Lancez la boucle et faites la mise au point
Affichage du profil d'étoile ouvert, poses de 1 à 3 s, molette tournée jusqu'au pic le plus haut et le plus étroit. On bloque, on ne rouvre plus la bague de la nuit.
-
Laissez la sélection automatique désigner l'étoile
Elle balaie le champ, écarte les saturées et les voisines encombrées, et retient jusqu'à douze candidates. Un témoin SAT rouge après une sélection manuelle vaut consigne de recommencer sur plus faible.
-
Calibrez, puis vérifiez le résultat annoncé
La calibration mesure la réponse de la monture axe par axe. Elle se conduit près de l'équateur céleste et au-dessus de l'horizon brumeux — le tutoriel d'installation et de calibration en donne le protocole complet et les options à cocher.
-
Passez en correction et laissez tourner dix minutes
La courbe d'ascension droite et celle de déclinaison s'affichent, l'écart oscille autour de zéro. Dix minutes sans lancer de pose d'imagerie : c'est le prix d'une nuit qui ne se découvre pas ratée au petit matin.
-
Relevez l'écart moyen avant de lancer la séquence
Le nombre affiché en secondes d'arc se compare à l'échelle de votre train d'imagerie, jamais dans l'absolu. Notez-le au carnet avec la date, la cible et le seeing du soir : c'est la seule façon de savoir, dans six mois, si un changement a servi à quelque chose.
| Réglage | Valeur de départ | Ce qui la fait bouger |
|---|---|---|
| Pose de la caméra guide | 1 à 3 s | Seeing agité : allonger. Monture à défaut rapide : raccourcir, au risque de courir après l'atmosphère. |
| Étoile retenue | magnitude 8 à 11 | Témoin SAT rouge : descendre en éclat. Champ pauvre : rallonger la pose plutôt que forcer sur une saturée. |
| Échelle de guidage | 3,20 ″/px | Change avec le tube guide et la caméra ; se recalcule à chaque nouveau profil, jamais au jugé. |
| Liaison de commande | pilote ASCOM ou INDI | Le câble à quatre fils reste un secours : il prive le logiciel de la déclinaison visée. |
| Durée d'essai avant séquence | 10 min de correction seule | Attelage neuf ou câblage refait : doubler. Rien ne remplace ce quart d'heure d'observation. |
| Aucune ligne ne correspond au filtre. | ||
Au fil des heures
Le ciel ne présente pas la même géométrie toute la nuit
La hauteur de la cible, sa déclinaison et le passage du méridien modifient la réponse de l'attelage : trois phénomènes d'astronomie de position, étrangers au logiciel, qui décident pourtant de la qualité de la séance.
Le cosinus de la déclinaison, ce facteur invisible
Réfraction basse et retournement au méridien
Les limites
Ce que le logiciel révèle et ne réparera pas
Un asservissement qui lutte sans se stabiliser désigne presque toujours un défaut mécanique en amont, et aucun réglage d'algorithme ne le fera disparaître.
Dix minutes d'arc au pôle, et pas davantage
L'équilibrage, les câbles, et le jeu de l'axe de déclinaison
Continuer
La suite de la chaîne, du réglage à la lecture
Le principe et le choix du matériel de suivi Lunette parallèle ou diviseur optique, capteur rapide et sensible, câble à quatre fils ou pilote : ce qui se décide avant même d'installer le logiciel.
Mettre la monture en station pour de bon Les méthodes de terrain pour passer sous la barre des dix minutes d'arc, du viseur polaire à la méthode de dérive, sur un instrument qu'on démonte chaque nuit. Le suivi corrigé commence par la mécanique
Une optique de suivi rigide, une caméra sensible et une monture qui tient sa station : l'application ne fait qu'exploiter ce que ce trio lui donne. Le rayon guidage et mise au point du catalogue, avec pour chaque référence son emploi réel.