Aller au contenu
astronoguide
Thème

Thème

Apprendre

Les nuages noctulescents

Il existe une nappe de glace qui flotte si haut qu'elle reste au Soleil quand le sol est déjà dans la nuit, et qu'elle brille alors d'un bleu électrique au-dessus de l'horizon nord. Sa fenêtre annuelle s'ouvre à la fin mai, culmine au solstice et se referme au début août. Sa fenêtre horaire, elle, obéit à une règle géométrique nette : le Soleil doit se tenir entre 6° et 16° sous l'horizon. Cette page démontre d'où sortent ces deux bornes, les convertit en créneaux calculés pour Dunkerque, Paris, Lyon et Marseille, et dit franchement ce que la latitude française coûte en fréquence. La mesure de la noirceur du ciel revient au guide SQM, et l'aurore polaire à son propre guide.

82 km
l'altitude médiane de la nappe de glace, sept fois le plafond de croisière d'un long-courrier
9.1 °
la profondeur du Soleil à partir de laquelle l'ombre de la Terre atteint cette altitude à la verticale de l'observateur
2.7 °
la hauteur du dernier liseré encore éclairé quand le Soleil est descendu à 16°
1017 km
la distance du point que l'on vise réellement lorsque la nappe affleure l'horizon nord
51.03 ° N
la latitude de Dunkerque, borne haute de la métropole et bord inférieur de la bande favorable

Situer le sujet

Un objet météorologique observé avec des réflexes d'astronome

La matière du phénomène relève de la météorologie, sa visibilité de la mécanique céleste, et c'est ce second versant que la page instruit jusqu'aux heures de rendez-vous.

Deux bornes, et tout le reste en découle

Le voile bleuté qui traverse l'horizon nord des courtes nuits de juin appartient à la météorologie par sa matière — de la glace — et à l'astronomie par sa mécanique : sa visibilité dépend entièrement de la position du Soleil sous l'horizon, donc de la latitude, de la date et de l'heure. Les deux bornes qui reviennent partout, et 16° de profondeur solaire, sont souvent recopiées telles quelles. Elles se démontrent, et leurs deux démonstrations sont de natures opposées : la borne haute est photométrique, la borne basse est purement géométrique. Cette page pose les deux, puis en tire des heures de rendez-vous concrètes pour quatre villes françaises au solstice 2026.

Ce que cette page laisse à ses voisines

La brillance de fond du ciel, son unité de mesure et les paliers de terrain relèvent du guide SQM et qualité du ciel : rien n'en est redit ici, d'autant qu'une nappe éclairée par le Soleil se moque assez d'un lampadaire. L'autre lueur du nord, l'aurore polaire, tient dans son guide dédié, et l'indice géomagnétique qui la gouverne dans la page « aurores boréales en France et indice Kp » — le hasard veut que les deux partagent la même direction du ciel et le même horizon dégagé, jamais la même saison ni la même altitude. Les réglages de paysage nocturne au grand angle sont traités dans le guide de photo de la Voie lactée. Ici, on parle d'un phénomène qui se produit à 82 km au-dessus de tout ce que la météorologie ordinaire manipule.

L'étage

De la glace là où l'air est cent millions de fois plus sec que le Sahara

Trois ingrédients, dont deux improbables

La formation demande trois choses réunies au même endroit : de la vapeur d'eau, un grain sur lequel elle puisse se déposer, et un froid extrême. Le froid, la mésopause d'été le fournit sans peine — c'est l'endroit le plus glacial de toute l'enveloppe gazeuse terrestre, sous la barre des −120 °C. Le grain, ce sont des poussières de météorites vaporisées bien plus haut, qui redescendent lentement et servent de noyaux. La vapeur, elle, relève du prodige : l'air y contient de l'ordre du cent-millionième de ce que transporte l'air du Sahara. Une partie provient de l'oxydation du méthane dans les couches inférieures, une autre franchit la limite haute de la troposphère par les brèches du tropopause. Les cristaux qui en résultent plafonnent à 100 nanomètres — un ordre de grandeur en dessous des gouttelettes d'un stratus, ce qui explique leur diffusion sélective vers le bleu et l'aspect de gaze plutôt que de coton.
Vue rasante depuis l'orbite : au-dessus du liseré bleu de l'atmosphère dense, une nappe filamenteuse bleu pâle flotte séparément, nettement plus haut que toute la couche météorologique
La nappe vue de profil depuis la Station spatiale internationale, au-dessus du sud de l'Ukraine — équipage de l'Expédition 40, NASA (domaine public). Image de titre de la page : nuages noctulescents à Tuntorp, Brastad (Suède) — W.carter (CC BY 4.0, Wikimedia Commons)

Une nappe qui monte à sept fois l'altitude d'un long-courrier

Le plancher de la couche se situe vers 76 km et son plafond vers 85 km, soit une épaisseur d'une poignée de kilomètres. Pour fixer l'échelle : un avion de ligne croise sept fois plus bas, l'ozone qui filtre l'ultraviolet culmine trois fois plus bas, et l'orage le plus violent d'un été continental plafonne autour du sixième de cette hauteur. Cette position d'exception commande tout le reste. Une masse placée aussi haut sort de l'ombre portée de la Terre bien après le coucher du Soleil, et elle en sort en gardant les couleurs d'une lumière qui a rasé l'atmosphère sur des centaines de kilomètres. C'est la raison pour laquelle la teinte est si reconnaissable : un bleu métallique tirant sur l'argent, tranchant sur un fond de ciel devenu bleu nuit, sans le rouge des cirrus de crépuscule qui traînent encore plus bas dans le même champ.
  1. 1885

    Premières mentions certaines, deux ans après l'éruption du Krakatoa. Les carnets de l'époque, remplis de couchers de soleil anormaux, ne décrivaient rien de tel auparavant.

  2. 1887

    Otto Jesse les photographie le premier et forge le terme. Avec Wilhelm Foerster et Stolze, il organise depuis l'observatoire de Berlin une campagne photographique suivie.

  3. 1901

    La mort de Jesse interrompt l'élan : le sujet retombe pour plusieurs décennies dans la marge des sciences de l'atmosphère.

  4. 2007

    Lancement de la mission AIM, dédiée à cette seule couche de glace. Elle documentera les premières nappes saisonnières de l'Arctique comme de l'Antarctique.

  5. 2014

    Un tir de Falcon 9 déclenche une nappe artificielle observable près d'Orlando : les panaches de lanceurs injectent de la vapeur d'eau à la bonne altitude.

  6. 2018

    Une expérience de la NASA en crée délibérément au-dessus de l'Alaska, pour suivre in situ le mécanisme de nucléation.

La démonstration

D'où sortent vraiment les 6° et les 16°

Les deux bornes se démontrent par des chemins opposés, et le calcul qui donne la seconde livre au passage la distance à laquelle se tient la nappe que l'on regarde.

La borne basse est une affaire de contraste, pas de mécanique céleste

Tant que le Soleil se tient à moins de sous l'horizon, on est en crépuscule civil : le fond de ciel reste assez clair pour qu'un journal se lise dehors. Un voile de glace éclairé par la même source que ce fond de ciel s'y dissout, exactement comme une étoile de 2 mag reste hors de portée tant que le fond garde sa clarté de crépuscule civil. La borne basse marque donc le moment où le contraste devient exploitable, et elle n'a aucune profondeur physique : elle bouge avec la transparence de l'air, la présence de la Lune et l'éclairage urbain, ce que la mesure du fond de ciel documente ailleurs sur ce site.

La borne haute se calcule, et elle vaut 9,1° au zénith

La borne opposée, elle, se démontre en une ligne de trigonométrie. Un point situé à l'altitude h quitte la lumière solaire lorsque le rayon rasant tangent à la surface passe au-dessus de lui. L'angle que fait ce rayon avec l'horizontale locale vaut arccos(R ⁄ (R + h)), où R est le rayon terrestre, soit 6 371 km. Pour h = 82 km, le calcul donne 9,14° ; pour le plancher à 76 km, 8,81° ; pour le plafond à 85 km, 9,31°. Traduction : dès que le Soleil est descendu de 9,1°, la nappe qui se trouve juste au-dessus de votre tête est déjà dans l'ombre. Ce qui reste éclairé est plus loin, du côté du Soleil — donc plus bas dans le ciel, et de plus en plus bas à mesure que la soirée avance.

Le même angle donne la distance de ce qu'on regarde

Cet angle a une seconde lecture, spatiale celle-là. Un point à 82 km vu exactement à l'horizon se trouve à 9,14° d'arc au sol, soit 1 017 km de l'observateur. Depuis Dunkerque, la nappe qui touche l'horizon nord se trouve donc au-dessus du 60e parallèle, quelque part sur les côtes du sud de la Norvège ; depuis Paris, elle est vers 58° N, au milieu de la mer du Nord. On observe un phénomène scandinave depuis la France : voilà pourquoi un horizon nord bouché à par une haie ou une ligne de toits supprime, à lui seul, la moitié des occasions annuelles. En reprenant la formule pour une profondeur solaire quelconque, on obtient la hauteur maximale encore éclairée — c'est la table ci-dessous, et c'est elle qui fixe le sens réel de la borne des 16°.

Une fenêtre qui se referme par le haut du ciel

Le schéma rend visible ce que la formule dit : l'ombre ne tombe pas d'un bloc, elle monte, et elle balaie la couche depuis le zénith vers l'horizon opposé au Soleil. À 10° de profondeur, tout ce qui se trouve sous 40° de hauteur reste au Soleil, ce qui laisse un champ énorme. À 12°, la limite est retombée à 12,9°, et l'on tient là le meilleur compromis de la nuit : le fond de ciel est déjà sombre, la nappe occupe encore un quart de ciel franc. À 16°, il ne subsiste qu'un liseré sous 2,7°, à 762 km au minimum. Au-delà de 18,3°, l'ombre a dépassé la couche jusqu'à l'horizon lui-même : la nuit est complète pour la mésosphère aussi.
Schéma en coupe : le rayon solaire rasant sépare la couche de glace mésosphérique en une partie encore éclairée du côté du Soleil et une partie passée dans l'ombre de la Terre au-dessus de l'observateur
Schéma astronoguide — l'ombre de la Terre monte à travers la couche et repousse la partie éclairée vers l'horizon
Ce qui reste éclairé à 82 km selon la profondeur du Soleil sous l'horizon (rayon terrestre 6 371 km)
Soleil sous l'horizon Hauteur maximale encore éclairée Distance du point le plus proche Ce que cela donne à l'œil
jusqu'au zénith à la verticale la nappe est éclairée partout, et le fond de ciel la mange encore
9,1° jusqu'au zénith à la verticale l'ombre affleure tout juste 82 km au-dessus de la tête
12° 12,9° 318 km le meilleur moment : quart nord détaché, contraste maximal
14° 6,2° 540 km une bande basse, dont les ondulations restent lisibles
16° 2,7° 762 km un liseré au ras des toits, qu'un relief suffit à effacer
18,3° 1 017 km l'ombre a dépassé la couche jusqu'à l'horizon

Le rendez-vous réel

Ce que la plage de 6° à 16° donne au solstice, ville par ville

Une même plage angulaire produit des soirées très différentes selon la latitude, et son ampleur se retire vite dès que l'on s'écarte du solstice.

Le nord de la France passe la nuit entière dans la fenêtre

Appliquons la plage à la position réelle du Soleil au 21 juin 2026. À Dunkerque, latitude 51,03° N, le Soleil atteint son point le plus bas à −15,5° : il ne franchit jamais la borne des 16°. La fenêtre s'ouvre donc à 22 h 56, se referme à 4 h 50, et reste ouverte d'un seul tenant pendant 5 h 54 — soit toute la nuit noire disponible. À Paris, le minimum descend à −17,7° : la fenêtre se coupe en deux tronçons d'environ deux heures, séparés par un creux où l'ombre a tout recouvert. À Marseille, le Soleil plonge à −23,3° et ne laisse que deux tranches d'une heure vingt, entre 21 h 59 et 23 h 22 d'une part, entre 4 h et 5 h 23 d'autre part. Les heures ci-dessous sont en heure légale d'été, et les positions solaires ont été recalculées puis contrôlées contre les heures de coucher publiées, à la minute près.

La fenêtre se rétrécit vite de part et d'autre du solstice

Le solstice offre le maximum, et il le perd rapidement. Toujours à Dunkerque : 4 h 02 de fenêtre le 25 mai, 5 h 54 le 21 juin, 3 h 49 le 20 juillet, 2 h 54 le 10 août. Cette courbe explique pourquoi la saison est bornée à la fin mai et au début août alors même que la mésosphère resterait froide un peu plus longtemps : la géométrie ferme la porte avant la thermodynamique. Et la thermodynamique, elle, tient à une bizarrerie de circulation — l'air monte au-dessus du pôle d'été, se détend, se refroidit, tandis qu'il redescend et se réchauffe au-dessus du pôle d'hiver. Cette anomalie de la mésopause fait du plein été polaire le moment le plus glacial de l'atmosphère, ce qui place le pic d'occurrence dans les semaines qui suivent immédiatement le solstice.
Fenêtre d'observation calculée pour le 21 juin 2026 — Soleil entre 6° et 16° sous l'horizon, heures en heure légale d'été
Ville Latitude Soleil au plus bas Créneaux Durée totale
Dunkerque 51,03° N −15,5° 22 h 56 → 4 h 50, d'un seul tenant 5 h 54
Paris 48,86° N −17,7° 22 h 41 → 0 h 42, puis 3 h 04 → 5 h 05 4 h 02
Lyon 45,76° N −20,8° 22 h 13 → 23 h 48, puis 3 h 39 → 5 h 13 3 h 09
Marseille 43,30° N −23,3° 21 h 59 → 23 h 22, puis 4 h 00 → 5 h 23 2 h 46

Sur le terrain

Reconnaître la nappe, la viser, en garder une trace

Quatre motifs, et le test qui tranche en dix secondes

La classification d'usage distingue quatre motifs : le voile sans structure, les longues traînées parallèles, les ondulations courtes et serrées comme sur le cliché ci-dessous, et les tourbillons en anneaux à cœur sombre. Le doute porte rarement sur le motif, il porte sur la nature : cirrus de haute altitude ou nappe mésosphérique. Le test est immédiat. Un cirrus éclairé par un Soleil déjà bas prend des tons chauds, ocre puis gris, et il s'éteint à mesure que la nuit tombe. La nappe fait l'inverse : elle garde son bleu métallique, elle gagne en contraste pendant que le fond s'assombrit, et elle se détache en clair sur les nuages ordinaires qui passent devant elle en silhouette noire. Second indice, décisif : elle dérive lentement, d'ouest en est le plus souvent, alors que la couverture troposphérique file dans une autre direction.
Ondulations serrées et parallèles d'une nappe noctulescente bleu argenté au-dessus de silhouettes d'arbres et de toits, avec une bande orangée de crépuscule au ras de l'horizon
Nuit du 21 au 22 juin 2019 au-dessus de Dadizele, en Belgique, par 50,9° N — Ward Bruggeman (CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)
  1. Sortez la première fois entre 60 et 90 minutes après le coucher du Soleil

    C'est la tranche où la profondeur solaire passe de 9° à 13° : le fond est sombre, la nappe occupe encore une belle hauteur. Une seconde sortie avant l'aube double vos chances, la fenêtre étant symétrique.

  2. Calez votre repère de hauteur sur une étoile connue

    Vers 1 h 07 au solstice, Capella (α du Cocher, 0,08 mag) passe à sa culmination inférieure plein nord, à 4,86° de hauteur depuis Paris et 7,03° depuis Dunkerque. Elle donne l'échelle exacte du champ à surveiller.

  3. Balayez de l'azimut 315° à l'azimut 45°

    Le phénomène s'installe rarement pile au nord : les premières traînées apparaissent souvent au nord-ouest en début de nuit, puis migrent vers le nord-est avant l'aube, en suivant le point du Soleil sous l'horizon.

  4. Posez 2 à 6 secondes avant de conclure

    Un voile de niveau 1, à peine soupçonné à l'œil, ressort franchement sur une pose de quelques secondes à f/2,8 avec un objectif de 24 mm. Beaucoup de nuits déclarées vides sont des nuits mal instrumentées.

Le matériel que la géométrie impose, et rien d'autre

Viser à quelques degrés de hauteur en posant plusieurs secondes rend le pied indispensable, et un pied qui monte : un poste bas oblige à composer avec le premier obstacle venu. Le trépied de 184 cm, à 64,99 €, met l'appareil au-dessus d'un muret ou d'une haie basse et rend l'attente supportable debout. Sur un poste exposé au vent de mer — la digue, justement — le socle métal à tête fluide de DwarfLab, 94,92 €, apporte une assise que les colonnes légères perdent au premier coup de vent, et sa tête fluide suit une bande basse sans à-coups. Pour la trace au téléphone, le Celestron NexYZ et ses trois axes de réglage (47,99 €) tiennent l'appareil parfaitement immobile pendant les quelques secondes de pose du mode nuit ; le support Apexel à 23,99 € fait le même travail en version simple. Enfin, les ondulations serrées se résolvent bien mieux à faible grossissement qu'à l'œil : les jumelles 10×50 Sogries (85,49 €) séparent les crêtes des creux, les Cometron 7×50 (42,95 €) offrent le champ le plus large pour tenir toute la bande d'un coup, et les Omegon Talron HD 8×34 (99,90 €) tiennent dans une poche de veste pour une guette qui dure trois semaines. Prix relevés en juillet 2026. Le choix d'une paire se creuse dans le guide du 10×50.

Dit franchement

La France est au bord inférieur de la bande favorable

Ce que la latitude coûte, chiffres en main

La bande où le phénomène revient chaque été s'étend d'environ 50° à 70° de latitude. La métropole culmine à 51,03° N et descend à 42,3° N : autrement dit, seule sa frange la plus septentrionale entre dans la bande, et le reste du territoire en dépend d'un débordement occasionnel. Concrètement, une saison ordinaire donne quelques épisodes exploitables depuis les Hauts-de-France et la Normandie, souvent un seul depuis la vallée de la Loire, et des années blanches plus au sud. La Scandinavie et le nord de l'Allemagne, eux, comptent leurs nuits par dizaines. Le cliché ci-dessous, pris le 21 juin 2019 par une latitude comparable à celle de Paris, montre ce que donne un débordement franc — et la rareté même de ce genre de nuit rend l'année 2019 mémorable pour les guetteurs d'Europe centrale.
Vaste nappe noctulescente structurée en volutes bleu argenté couvrant la moitié du ciel au-dessus d'une crête boisée, avec une frange orangée de crépuscule sur l'horizon
Le déploiement exceptionnel du 21 juin 2019 vu de Slovaquie occidentale, par une latitude comparable à celle de Paris — Chmee2 (CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

Avantages

  • La fenêtre horaire est plus longue au nord de la France qu'au sud : 5 h 54 d'un seul tenant à Dunkerque au solstice, contre 2 h 46 à Marseille
  • Le phénomène traverse la pollution lumineuse sans dommage — il est éclairé par le Soleil, pas par le ciel de fond
  • Aucun instrument n'est nécessaire pour le voir : l'œil suffit, le reste sert à documenter et à résoudre les ondulations
  • La saison coïncide avec les nuits les plus courtes de l'année, celles où le ciel profond ne donne rien : le calendrier ne prend rien à personne

Inconvénients

  • La bande favorable commence à 50° : la France y touche par sa seule bordure nord, et les occasions se comptent sur les doigts d'une main par été
  • Un horizon nord bouché de 3° suffit à annuler la tranche la plus fréquente, celle des dernières minutes de fenêtre
  • Le phénomène ne se prévoit pas à long terme : la guette se fait nuit après nuit, sur une fenêtre de deux mois et demi
  • La courte nuit d'été impose des sorties à 23 h et à 4 h du matin, souvent la même nuit pour couvrir les deux tronçons
L'avis de Luc

L'avis de Luc

Sortir à 22 h 30 fait rater trois saisons d'affilée : le Soleil doit se trouver vers 13° sous l'horizon, ce qui reporte l'observation après minuit. À cette heure-là, sur une digue face au nord, la bande brille sur une quinzaine de degrés de hauteur, parcourue d'ondulations que des 10×50 séparent nettement, comme des rides sur du sable mouillé. La méthode tient ensuite en trois points — un poste avec l'horizon dégagé au ras de l'eau, deux alarmes, à minuit et à 3 h 30, et une pose de 4 secondes à f/2,8 avec un 24 mm pour trancher ce que l'œil hésite à valider. Cette pose a déjà révélé deux voiles qui auraient été notés « rien vu ».

Continuer

Autour de la même direction du ciel

Vaste déploiement de nuages noctulescents structurés au-dessus d'une crête boisée L'autre lueur du nord L'aurore polaire partage l'horizon nord et l'exigence de dégagement, sans partager ni la saison ni l'altitude : ce que c'est, comment la voir, et l'ovale qui la porte. Photomètre de poche à boîtier noir, afficheur rouge indiquant un relevé de fond de ciel de 19,66 magnitudes par seconde d'arc carrée Mesurer la noirceur d'un site L'unité de brillance du fond de ciel, ses paliers du centre-ville au site d'exception, le protocole de mesure et l'échelle qualitative qui l'accompagne. Carte de la constellation du Cocher : le pentagone d'étoiles refermé sur Capella, avec le petit triangle des Chevreaux à côté Capella et le Cocher, le repère du nord La constellation qui rase l'horizon nord des nuits de juin donne l'échelle de hauteur du champ à surveiller : la trouver, la suivre, et ce qu'elle contient. Nappe noctulescente filamenteuse au-dessus d'une ligne d'arbres Lire le ciel avant de partir Transparence, courant-jet, couverture basse : ce que les cartes disent d'une nuit, et comment décider d'un déplacement sur un horizon dégagé.

Une guette de deux mois et demi, sur un horizon dégagé

Un pied qui monte assez haut, une paire de jumelles à grand champ pour résoudre les ondulations : le matériel de cette page sert toutes les autres nuits de l'été. Notre sélection de jumelles et de supports.

Revenir en haut de la page